Après le passage de la vague estivale et la remise en fonctionnement normal du marchepied de la cellule, il est temps de passer à un premier essai de mon camping-car (RV ou recreational vehicule pour les anglophones).

Départ le 20 septembre 2020 vers le Nord du Finistère avec un 1er arrêt au Menez Hom, site emblématique de ce département.

Le Ménez-Hom est situé à l’extrémité ouest des Montagnes Noires, il domine la Baie de Douarnenez du haut de ses 330 mètres. Aujourd’hui, le brouillard gène la visibilité et l’océan n’est pas visible.

Ancien volcan, aux pentes arides où rien ne pousse hormis quelques rares bruyères, c’était une montagne sacrée, on y célébrait le culte d’un dieu solaire. À mi-pente, une source était consacrée à une déesse ou à la Vierge selon l’époque.

À son pied, on peut admirer la Chapelle de Sainte-Marie du Menez-Hom (16ème siècle) avec son magnique rétable.

Route vers la Pointe de Saint-Mathieu, extrémité Nord du Finistère.

Avec un arrêt au Phare du Petit Minou. C’est une balise pour les navires entrants dans la Rade de Brest. Haut de 26 mètres, il se trouve à 34 mètres au-dessus du niveau de la mer. Allumé en 1848 il est automatisé depuis 1989 et commandé depuis Brest.

Sur la ligne d’horizon, on aperçoit la presqu’île de Crozon.

Un moment de pause pour Rango sur le parking de la Plage de Trégana, où il profite d’une belle vue sur l’océan, avant de reprendre la route vers la Pointe Saint-Mathieu.

Sur le site de la pointe Saint-Mathieu, la présence des ruines de cette abbaye encadrée d’un phare et d’un sémaphore peut sembler incongrue.

L’intérêt d’allumer un feu pour guider les navires se dirigeants vers Brest est apparu depuis très longtemps. En 1157, le Duc de Bretagne accorde aux moines bénédictins des droits en compensation de l’entretien d’un feu. En 1250, alors que la construction de l’abbaye est achevée, les moines placent un fanal au sommet d’une tour à feu carrée haute de 40 mètres.

Ce fanal connut diverses améliorations aux cours des siècles suivants dans son fonctionnement afin d’augmenter sa visibilité. Sa portée finale était de 30 Km.

L’état de la tour de l’ancienne abbaye étant pitoyable, la Marine décida la construction d’un phare à sa proximité.

Ce phare est haut de 37 mètres et il culmine à 58 mètres par rapport au niveau de la mer.

Il est allumé depuis 1835. Constamment amélioré, il est électrifié en mars 1932, automatisé en 1996 et autocontrôlé depuis septembre 2005. Il n’est plus gardienné depuis février 2006.

Sa lanterne émet un éclat blanc toutes les 15 secondes avec une portée lumineuse de 24 milles nautiques (44 kilomètres environ).

En septembre 2005, le phare a été inscrit à l’inventaire des monuments historiques. Il permet de guider les navires vers et depuis Brest.

 Le sémaphore, construit à  proximité en 1906, assure 24 heures sur 24 la surveillance par le personnel de la Marine Nationale du trafic maritime passant au large de la Pointe.

A proximité de l’abbaye et à côté d’un fortin, une stèle a été érigée en mémoire des marins morts pour la France. Il a été inauguré le 12 Juin 1927. En 2005, le fortin devient cénotaphe, lieu de pèlerinage et de recueillement pour perpétuer le souvenir de ceux qui se sont sacrifiés pour la liberté de leur pays. (cliquer sur ce lien pour plus d’information)

Reprise de la route vers la presqu’île de Kermorvan située en face du Port du Conquet qui sera le terme de cette 1ère journée.

La façade nord de la presqu’île abrite une belle plage où les vagues déferlent avec force pour le plus grand bonheur des surfeurs.

Au Sud, on observe le Port du Conquet abritant de nombreux bateaux dont certains desservent les îles de Molène et d’Ouessant qu’on peut apercevoir au loin.

Pour terminer cette journée, je laisse Rango sur le parking de la plage pour parcourir les sentiers bien aménagés qui font le tour de ce site, permettant ainsi de découvrir au passage diverses fortifications ainsi que de très beaux points de vue sur la côte et l’océan.

Reprise de la route en longeant la côte, tout en contournant tous les nombreux abers qui s’enfoncent dans les terres et abritent des ports de pêche.

Cette côte présente un aspect austère et il n’existe que très peu de traces de la présence humaine. 

Elle est parcouru par de nombreux sentiers de randonnée dont le fameux GR34, sentier des douaniers.

 

Pour commencer cette 2ème journée, visite de la Pointe de Corsen, située sur la Commune de Plouarzel.

C’est la Pointe la plus à l’Ouest de la France Continentale.

C’est sur ce site que les hautorités maritimes ont décidé de construire un centre de surveillance et de sauvetage du trafic maritime.

Le naufrage du  super pétrolier « Amoco Cadiz » au large de la ville de Portsall le 16 mars 1978 causant une des plus importantes marées noires de l’histoire maritime a mis en évidence la faiblesse des moyens d’assistance et de sauvetage.

Parmi les mesures prises, la construction et la mise en service du CROSS Corsen qui a la mission de surveiller la circulation des navires à l’entrée du Rail d’Ouessant.

Au fond de l’Aber Ildut, le port de pèche de Lanildut offre un havre de sécurité pour les bâteaux.

Après une belle journée à randonner sur le GR34 et découvrir des paysages authentiques, j’arrive à proximité de la Plage des 3 moutons où des emplacements pour camping-car sont disponibles afin d’y passer la nuit.

Je reprends la route en direction de l’Est pour longer les côtes nord de la Bretagne jusqu’au port de Roscoff.

Devant moi, s’alignent les dunes de Corn Ar Gazel, situées à l’entrée de l’Aber Benoit, offrant un très beau panorama de littoral verdoyant.

Ici commence le Pays des Abers.

Insolite cette chapelle au milieu d’un carrefour! « Ils sont fous ces Bretons! » aurait dit Jules César en parlant d’Astérix et Obélix.

Il s’agit de la Chapelle Notre Dame de Croazou (des Croix) situé sur la Commune de Kerlouan.

C’est la plus petite chapelle du Finistère, elle date de 1832 ou 1842 selon les sources. Pour de plus amples informations, le site de RandoKerlouan nous raconte son histoire. 

Au bord d’un carrefour, cet amas de roches granitiques dressé comme un monument, laisse à penser par ses formes à quelque animal imaginaire, un oiseau à terre les ailes repliées et pointant son bec vers le ciel.

Voici la Plage des Chardons bleus sur la commune de Brignogan-plage avec à l’extrémité droite son sémaphore. Devant la beauté de ce site, c’est l’occasion d’une belle balade pour flâner le long de cette baie bordée de belles villas.

Je reprends la route, toujours en direction de l’Est pour atteindre la commune de Santec, belle petite ville bordant la mer. Sa particularité : l’île de Sieck, mais attention, elle est privée.

Elle ne peut être atteinte à pied que 2h30 avant et 2h30 après la pleine mer et par chance, en ce début d’après-midi, c’est marée basse.

Il est donc possible d’en faire le tour et je ne me prive pas du plaisir de partir à la découverte de cette île sauvage et peu habitée sauf par ces beaux chevaux qui regardent passer les rares promeneurs. Je vous invite à me suivre en regardant la vidéo ci-dessous.

Avant d’atteindre la Ville de Roscoff, un petit détour par la Pointe de Perharidy occupée principalement par un centre hospitalier privé de la Fondation Ildys spécialisé dans les soins de suite et de réadaptation. L’extrémité de cette pointe a été rachetée par le Conservatoire du littoral qui l’a restaurée en espace naturel et a aménagé un chemin pour le rendre accessible aux personnes à mobilité réduite.

En face de la pointe, on peut apercevoir l’île de Batz qui est aussi visible de Roscoff.

Aménagement original sur les racines de ces arbres.

Arrivée à Roscoff devant le café Ty Pierre face au port de pêche. Ancien havre abritant des corsaires, il était aussi, aux 19 et 20ème siècles, le port de départ des johnnies,  marchands d’oignons de Roscoff qui allaient vendre leur production en Angleterre. 

Une petite vidéo ci-dessous montrant le port de pêche et la passerelle permettant d’atteindre l’embarcadère vers l’île de Batz quelque soit la hauteur de la marée.

 

Une savoureuse crêpe pour le dîner avant de rejoindre le terminal des lignes maritimes desservant l’Angleterre au sud de la ville de Roscoff. C’est sur leur parking que je passerai la nuit.

Route vers le Sud, en direction de la ville de Morlaix. Cette sous-préfecture du Finistère est située au fond d’un aber (Rade de Morlaix) dans lequel se jette le Dossen ou Rivière de Morlaix ce qui permet à Morlaix d’avoir un accès maritime à la Manche.

Arrivé au centre-ville, au bord du Dossen, le viaduc reliant les plateaux dominant la ville est impressionnant. Il fut construit dans la seconde moitié du 19ème siècle pour permettre le passage de la ligne ferroviaire Paris-Brest.

Direction, le centre historique de Morlaix. En suivant le cours du Dossen, maintenant couvert par une chaussée, je passe sous le viaduc pour arriver sur la Place de l’Hôtel de ville. En chemin, j’admire les façades des maisons bourgeoises, témoignage du riche passé historique de la ville. Des petites rues permettent d’atteindre la place centrale encadrée par des maisons aux façades typiques. Cette technique de construction remonte au 16ème siècle, elle est appelée « Maison à Pondalez« .

Parmi ces maisons à Pondalez, la plus célèbre est celle dite de la Duchesse Anne. Elle a été construite aux environs des années 1520-1530 et appartenait à un riche marchand qui y recevait ses clients et connaissances. La qualité et les dimensions étaient destinées à impressionner ses visiteurs. Il est peu probable que la Duchesse Anne ait habité ou visité cette demeure.

Voir ce site pour plus d’informations.

Après un casse-croute pris au bord de la route, il est temps maintenant de prendre le chemin du retour vers Fouesnant en traversant les Monts d’Arrée, massif montagneux comprenant les sommets les plus élevés du Finistère avec le Roc’h Trédudon à 385 m d’altitude, à gauche l’antenne de diffusion de la télévision hertzienne.

Paysage de landes où la roche granitique affleure au milieu des fougères, bruyères et autres plantes capables de résister aux vent d’ouest. Ici, aucun arbre ne peut subsister. Sur ce plateau, le lac-réservoir de Saint-Michel.

A côté de ce lac, se situe le Mont Saint-Michel de Braspart avec à son sommet une petite chapelle. Elle a été consacrée le 29 septembre 1677, jour de la Saint-Michel.

Pour ce premier voyage avec Rango, j’ai beaucoup apprécié de découvrir, ou de redécouvrir pour certains, ces paysages des côtes ouest et nord du Finistère. Avec une mention particulière pour la Pointe de Corsen et ses côtes sauvages remparts face aux forces de l’océan, pour la côte des abers où viennent s’abriter les bateaux de pêche et de loisir, pour la ville de Morlaix pour son centre historique et ses maisons typiques, et enfin pour les paysages des Monts d’Arrée si sauvages où je reviendrai pour parcourir leurs chemins de randonnées.

Mon pickup c’est très bien comporté rendant le voyage très agréable. Grâce à l’application de navigation « maps.me » permettant d’importer les trajets préparés à l’avance, j’ai pu parcourir tranquillement l’itinéraire de mon expédition. Mon Ford Ranger s’est très bien comporté dans des portions de terrains difficiles, ainsi que dans la descente du Mont Saint-Michel de Braspart qui était assez de forte et sinueuse grâce à l’assistance en descente qui permet de réguler et maintenir la vitesse.

Pour ce qui concerne la cellule, ce test m’a permis de vérifier son habitabilité et son confort. Le système électrique fonctionne bien ; la batterie auxiliaire se recharge principalement pendant les parcours par l’alternateur du pickup et aussi par les panneau solaires, permettant ainsi de chauffer l’eau pour une bonne douche à l’arrivée de chaque étape et aussi pour la vaisselle. Le climat breton ne m’a pas permis de tester la température dans la cellule en cas de grandes chaleurs ou de grands froids. Les ouvertures protégées par des moustiquaires et le lanterneau réglable devraient permettre d’affronter des conditions plus extrêmes et le système de chauffage au gaz pourra compenser des périodes plus froides sans oublier la protection d’une bonne couette.

Bilan positif en attendant la prochaine expédition vers l’Espagne et le Portugal en préparation pour la 2ème moitié de mars si l’ouverture des frontières le permet ce qui semble être le cas actuellement.

Laisser un commentaire